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Comment la technologie améliore les soins aux personnes âgées ?

Le vieillissement de la population pose un défi : comment permettre aux personnes âgées de vivre plus longtemps, dans de bonnes conditions, tout en préservant leur autonomie ? Face au manque de personnel soignant, à l’augmentation des besoins médicaux et au souhait de nombreux seniors de rester à domicile, la technologie devient un véritable soutien. Elle ne remplace pas l’humain, mais elle peut améliorer la sécurité, le suivi médical, la coordination des soins et la qualité de vie.

Un meilleur maintien à domicile

De nombreuses personnes âgées souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible. Les technologies de téléassistance jouent ici un rôle important. Un bouton d’appel, un bracelet connecté ou un détecteur de chute permettent d’alerter rapidement un proche ou une centrale d’assistance en cas de problème.

Ces dispositifs rassurent aussi les familles, qui savent qu’une intervention peut être déclenchée rapidement. Le maintien à domicile repose donc sur un équilibre entre aides humaines, adaptation du logement et outils de sécurité, comme la téléassistance ou les capteurs connectés.

La télésurveillance médicale : détecter les problèmes plus tôt

La technologie permet également de suivre certains patients à distance. En Belgique, l’INAMI rembourse depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 la télésurveillance pour certains patients récemment hospitalisés pour insuffisance cardiaque chronique, dans le cadre d’une convention avec des institutions de soins. L’objectif est de détecter rapidement une aggravation de l’état du patient et d’adapter le traitement avant qu’une nouvelle hospitalisation ne soit nécessaire.

Pour les personnes âgées souffrant de maladies chroniques, ce type de suivi est précieux. Des données comme le poids, la tension artérielle, le rythme cardiaque ou certains symptômes peuvent être transmises à une équipe médicale. Cela permet un accompagnement plus régulier, sans imposer des déplacements fréquents à l’hôpital ou chez le médecin.

Des soins mieux coordonnés grâce au dossier santé partagé

L’un des grands problèmes des soins aux personnes âgées est la coordination entre les différents intervenants : médecin généraliste, spécialistes, infirmiers à domicile, hôpital, pharmacien, kinésithérapeute, maison de repos, etc.

Le dossier santé partagé aide à mieux faire circuler les informations médicales utiles. En Wallonie et à Bruxelles, les réseaux de santé permettent aux prestataires autorisés de consulter certains documents médicaux importants, comme les résultats d’examens, les comptes rendus d’hospitalisation, les allergies, les pathologies ou la liste des médicaments.

Pour une personne âgée, cela peut éviter des examens en double, réduire les risques d’erreurs médicamenteuses et permettre une prise en charge plus rapide en cas d’urgence.

Des soins mieux coordonnés grâce au dossier santé partagé

L’application MaSanté : un accès plus simple aux données médicales

La Belgique dispose également du portail et de l’application MaSanté, qui permettent aux patients de consulter et gérer certaines données de santé en ligne. Il est aussi possible d’accéder aux données d’une personne pour laquelle on dispose d’un mandat, ce qui peut être utile pour les aidants proches qui accompagnent un parent âgé.

Cela facilite le suivi administratif et médical : consulter des résultats, retrouver un rapport, vérifier certains documents ou les partager avec un professionnel de santé. Pour les familles, c’est un outil pratique, à condition bien sûr que la personne âgée soit accompagnée si elle n’est pas à l’aise avec le numérique.

Des maisons de repos plus sûres et mieux équipées

Lorsque le maintien à domicile n’est plus possible, les maisons de repos et maisons de repos et de soins restent une solution importante en Belgique. Les MRPA accueillent généralement des personnes avec des besoins faibles à modérés, tandis que les MRS s’adressent à des personnes plus dépendantes.

Dans ces établissements, la technologie peut améliorer l’organisation quotidienne : dossiers de soins informatisés, systèmes d’appel infirmier, capteurs de mouvement, gestion électronique des médicaments, outils de planification du personnel ou encore solutions de prévention des chutes. Ces outils permettent aux équipes de gagner du temps, de mieux suivre les résidents et de réagir plus vite en cas de problème.

Des objets connectés pour préserver l’autonomie

Les objets connectés aident aussi les seniors dans leur vie quotidienne. On pense notamment aux piluliers électroniques, qui rappellent quand prendre un médicament, aux montres connectées avec alerte d’urgence, aux capteurs de porte pour les personnes désorientées, ou encore aux dispositifs qui détectent une absence inhabituelle de mouvement.

Certains objets intègrent également une fonction GPS, particulièrement utile pour les personnes âgées atteintes de troubles de la mémoire, de désorientation ou de maladies comme Alzheimer. Une montre ou un pendentif connecté peut permettre à un proche ou à un service d’assistance de localiser rapidement la personne si elle se perd ou ne retrouve plus son chemin. Ces dispositifs renforcent la sécurité tout en permettant au senior de conserver une certaine liberté de déplacement.

Ces outils sont particulièrement intéressants pour les personnes atteintes de troubles cognitifs débutants ou pour celles qui souhaitent conserver une certaine indépendance. Ils doivent toutefois être choisis avec prudence : la technologie doit rester simple, utile et respectueuse de la vie privée.

Les caméras de surveillance : sécurité, vigilance et limites éthiques

Les caméras de surveillance contribuent également à la sécurité des personnes âgées, à domicile ou en maison de repos. À domicile, certaines caméras connectées envoient une alerte à un proche lorsqu’un senior sort du logement à une heure inhabituelle, quitte une zone définie ou présente un comportement préoccupant. C’est particulièrement utile pour les personnes souffrant de troubles cognitifs, de désorientation ou de maladie d’Alzheimer.

En maison de repos, la question est plus délicate, mais ces dispositifs aident parfois à détecter des situations anormales : chute, absence d’intervention, comportement inquiétant ou, dans les cas les plus graves, suspicion de maltraitance. La caméra constitue alors un outil de vigilance supplémentaire, notamment pour les familles inquiètes ou les directions d’établissement qui souhaitent mieux encadrer certaines situations sensibles.

Il faut toutefois rester très prudent. Filmer une personne âgée, son espace de vie ou le personnel soignant touche directement à la vie privée et à la dignité de chacun. En Belgique, l’utilisation de caméras doit respecter des règles strictes, notamment en matière de consentement, d’information des personnes filmées, de proportionnalité et de protection des données. Dans une maison de repos, l’installation d’une caméra ne peut donc pas être décidée à la légère : elle doit être encadrée, justifiée et conforme au RGPD ainsi qu’aux règles applicables en termes de surveillance.

Bien utilisées, les caméras renforcent la sécurité. Mal utilisées, elles créent un climat de méfiance ou portent atteinte aux droits fondamentaux des résidents et du personnel. Elles doivent donc rester un outil exceptionnel ou complémentaire et non remplacer la présence humaine, le dialogue avec l’équipe soignante et les mécanismes officiels de contrôle.

Un soutien pour les aidants proches

En Belgique, beaucoup de soins reposent aussi sur les familles. Les aidants proches doivent souvent coordonner les rendez-vous, les médicaments, les documents médicaux, les transports et les contacts avec les professionnels.

Les outils numériques peuvent les aider : applications de calendrier partagé, accès mandaté à MaSanté, plateformes de coordination, messageries sécurisées, rappels de traitement ou solutions de téléassistance. Ces technologies diminuent la charge mentale et permettent de mieux répartir les tâches entre les membres de la famille.

Découvrez aussi notre article sur les solutions technologiques pour les soins des personnes âgées.

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